Transhumanisme à Paris La Villette

Des spécimens qu’on pourrait bientôt croiser dans la rue…

Liviu Babitz – La Villette 06/2017 – L BEAUDONNET / 20 MINUTES

 

« Liviu Babitz a inventé le north sense, un implant accroché sur le torse qui permet de percevoir le nord par petites vibrations. Ce n’est pas un instrument pour l’orientation, mais un sens qui permet de percevoir le nord qu’on le veuille ou non, de la même manière qu’on ne décide pas d’entendre le monde qui nous entoure, ou qu’on ne retire pas ses yeux après avoir regardé un film. On ne choisit pas quand le north sense nous donne une information. Plus de 250 personnes se sont greffées ce nouveau sens et il s’apprête à en créer de nouveaux. ».

Notre avis : triste, comme tous les fantasmes transhumanistes. Mais essayons d’en rire : c’est petit et ça vibre, y’en a qui ont dû avoir l’idée de se le greffer ailleurs…

 

Citer ou ne pas citer…

 

…telle est la question !

 

Beaucoup de (jolies) citations circulent sur les réseaux; nombreuses sont soit inexactes soit attribuées à la mauvaise personne.

D’un côté, c’est gênant si on veut être rigoureux.

De l’autre, le contexte de ce partage de citations inspirantes fait que ce n’est en fait pas si grave : on cherche de bons mots pour se faire plaisir. Une phrase a-t-elle besoin d’être prononcée par quelqu’un de connu pour être cool ?

Bref, concernant celle-ci-dessus, quelqu’un a retrouvé l’inspiration d’origine qui ne vient pas de Shakespeare, mais de William A. Ward (1921-1994) :

Before You (by William Arthur Ward)

Before you speak, listen. Before you write, think. Before you spend, earn. Before you invest, investigate. Before you criticize, wait. Before you pray, forgive. Before you quit, try. Before you retire, save. Before you die, give.

 

 

Vous avez dit reCAPTCHA ?


QUOI

Saviez-vous que vous contribuez à la numérisation d’ouvrages anciens en vous connectant sur les sites web ?

POURQUOI

J’ai eu envie d’écrire cet article pour vous montrer que même les opérations informatiques quotidiennes et insignifiantes ne sont en fait pas insignifiantes… Vous avez sans doute déjà entendu le terme « CAPTCHA ». Celui-ci signifie « Completely Automated Public Turing test to tell Computers and Humans Apart » (soit « Test de Turing totalement automatisé pour distinguer les humains des machines » en Français). Vous savez, il s’agit d’un moyen pour authentifier, lorsque vous vous connectez sur un site, que vous êtes un humain, et non un robot (et donc d’éviter le spamming, le téléchargement massif de données qui affaiblirait le débit pour les autres utilisateurs, etc.).

L’idée du reCAPTCHA1 est d’utiliser l’authentification humaine sur les sites via la technologie du CAPTCHA pour répondre à un besoin qui n’a à première vue rien à voir, à savoir : OCRiser des livres anciens !!! (OCR pour « Optical Character Recognition » signifie la traduction en caractères « numériques » (ex : jeu de caractères UTF-8) de caractères imprimés sur papier ou numérisés en tant qu’image). En clair : transformer un vieux papier endommagé (et peut-être même écrit à la main) en un fichier informatique.

Effectivement, numériser les fonds anciens présente de nombreux avantages culturels (tout le monde peut accéder simultanément au même ouvrage quand bien même celui-ci n’existe qu’en un unique exemplaire papier, et la consultation de cet ouvrage ne le détériore pas…) et de ce fait, des opérations de numérisation de masse ont été entreprises depuis le début des années 2000.

Cependant, pour les fonds anciens, l’OCRisation automatique est compliquée : de fait les machines ont du mal à reconnaître les caractères imprimés, car ceux-ci ne sont pas réguliers (du fait de la détérioration du papier et de l’encre avec le temps)… un peu comme dans un CAPTCHA…

COMMENT

Côté utilisateur, les captchas se présentent souvent sous la forme d’une image contenant une série de caractères alphanumériques légèrement distordus, d’un champ texte dans lequel le visiteur du site doit taper la série de caractères présente dans l’image et d’un bouton permettant de valider la saisie manuelle de l’utilisateur. Sur l’image, les caractères sont suffisamment peu distordus pour permettre à un être humain de reconnaître ceux-ci, mais le sont suffisamment pour ne pas l’être par une machine. Côté administrateur du site, l’image est liée à sa version textuelle (l’information est enregistrée dans une base de données), et lorsqu’elle est soumise à l’utilisateur, le site compare la réponse de celui-ci avec la version textuelle en mémoire du CAPTCHA : si la comparaison est satisfaisante, le site autorise l’humain à s’y connecter; dans le cas contraire, un nouveau CAPTCHA est soumis à l’utilisateur.

L’idée de reCAPTCHA est somme toute d’une simplicité enfantine : faire traduire les fonds anciens… par les humains !!! lorsqu’ils s’authentifient en tant qu’êtres humains pour se connecter sur les sites web !!!

L’idée est rendue possible par le nombre très importants de sites web utilisant des CAPTCHAs et donc du nombre très important d’authentifications humaines quotidiennes, qui permet, littéralement, de traduire les fonds anciens mot à mot. Le mécanisme est le suivant : un reCAPTCHA est composé de deux mots : le premier est un CAPTCHA classique, permettant de savoir si l’entité faisant le test est humain ou non (il l’est s’il arrive à résoudre le CAPTCHA), le deuxième est l’image d’un mot tiré d’un livre ancien. Si l’entité a réussi à traduire le premier mot, elle est habilitée à se connecter au site, et la traduction qu’elle donne du deuxième mot est conservée en mémoire. Si plusieurs « humains » traduisent la même image de livre ancien de la même manière, leur traduction est « validée » et la numérisation du livre a avancé2.


CE QU’ON PEUT EN FAIRE

De cette manière, sur la seule année 2009, 20 ans d’archives du New York Times ont été numérisés3 avec une fiabilité supérieure à 99%.1

Voilà un bel exemple de collaboration homme-machine !

NOTES

1■ Luis von Ahn, Ben Maurer, Colin McMillen, David Abraham et Manuel Blum, « reCAPTCHA: Human-Based Character Recognition via Web Security Measures », Science, vol. 321, no 5895,‎ 12 septembre 2008, p. 1465-1468 [Article du journal Science sur reCAPTCHA]

2■ Journal du Geek

3■ ReCAPTCHA sur Wikipedia

 

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Détends-toi, tout de suite !


QUOI

Comment réussir à se relâcher et à prendre de la distance par rapport aux agressions multiples subies dans la vie de tous les jours?

POURQUOI

Ce soir, je reviens d’une journée de boulot. Crevé, énervé, plein de trucs à la noix qui m’attendent à la maison et qu’il faudra encore faire avant d’aller se coucher (ménage, manger, appeler un pote, vaisselle…). C’est lundi. Le cinquième de la semaine. Une semaine comme une autre.

C’est une réflexion qu’on connaît tous: le plus démoralisant, c’est que c’est sans fin… Mais si c’est sans fin, c’est justement qu’il faut changer quelque chose! Et le changement n’a pas lieu d’être repoussé à demain, puisque demain sera comme aujourd’hui… Donc, oui : Détends-toi, tout de suite!

COMMENT

Globalement, il y a deux origines distinctes de stress, et donc deux axes de travail, pour réussir à vraiment se relâcher: le corps et l’esprit. On notera toutefois que les deux types de stress ont des répercussions tant physiques que psychologiques, preuve que le corps et l’esprit sont liés: en effet, le stress psychologique peut provoquer fatigue, douleurs corporelles, troubles digestifs1…) et le stress physique a bien entendu des répercussions psychologiques (baisse du moral, difficulté de concentration…). La conclusion de cette petite remarque, c’est que pour lutter de manière efficace contre le stress, il est nécessaire de lutter contre les causes du stress du corps, comme contre celles du stress de l’esprit: sinon, ni le corps, ni l’esprit ne peuvent vraiment se relâcher!

Fort de ces informations, nous comprenons qu’il nous faut absolument agir sur notre corps et sur notre esprit.

QU’EST-CE QU’ON PEUT EN FAIRE

Pour ce qui est du corps, faire régulièrement du sport est d’une aide certaine pour se sentir mieux dans sa peau: dans notre société, pour la majorité des catégories socio-professionnelles, celui-ci reste assis la plus grande partie de la journée. Faire du sport permet à tout un chacun de réinvestir son corps, de dépenser l’énergie qu’il a accumulé dans la journée et, par là, d’évacuer le stress qu’il a subi. De nombreuses études scientifiques sur le sport ont montré ses multiples bienfaits, tant physiques que psychiques (lutte contre le cancer, les maladies cardio-vasculaires, la dépression…). D’après les résultats de ces études, faire 30 minutes de sport deux à trois fois par semaine suffirait à prévenir assez efficacement la plupart de ces maux2.

Pour ce qui est de l’esprit, il peut être utile de s’imposer une coupure d’une dizaine de minutes dans la journée, par exemple en arrivant chez soi le soir, après le travail, pendant laquelle on se force à faire le vide dans sa tête, pendant laquelle on arrête d’être dans l’action. Cet exercice devrait vous permettre de laisser les choses de la vie se réorganiser dans votre esprit et de reprendre en vous leur place et leurs dimensions naturelles. Cela vous permettra de vous dégager du stress psychologique auquel vous avez été soumis pendant la journée en prenant de la distance par rapport aux évènements récents que vous avez vécus.

Si vous vous astreignez à faire ces exercices, simples à mettre en oeuvre et peu coûteux en temps, vous constaterez rapidement par vous-mêmes que votre vie aura changée. Vous vous en apercevrez un soir, en rentrant du travail. D’attaque pour faire tranquillement un peu de ménage, avant de prendre un bon repas bien mérité et d’appeler votre vieux copain Georges, histoire d’avoir un peu de ses nouvelles. Puis, satisfait de votre journée bien remplie, de vous coucher pour vous reposer du sommeil du juste et profiter ensuite de votre week-end. Parce que, oui, ce soir-là sera votre premier vendredi soir.

Pour aller plus loin / Lien(s) utile(s)
♦ Livre « La solution intérieure« , Thierry Janssen, Ed.: Fayard, 2006

Notes
1■ http://www.psychologies.com/Moi/Problemes-psy/Anxiete-Phobies/Reponses-d-expert/Quand-le-stress-agit-sur-le-corps
2■ Le sport meilleur remède

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Le harcèlement moral nuit à la santé

On le savait, mais ça fait du bien de le rappeler…

« Les conséquences du harcèlement scolaire sont de plus en plus étudiées, et c’est tant mieux. La série télévisée « 13 Reasons Why », qui raconte l’histoire du suicide d’une adolescente victime de harcèlement, a récemment connu un grand succès. Si elle a suscité le débat, elle a le mérite de remettre le sujet en lumière. Une équipe de chercheurs américains s’est elle aussi intéressée à la question, publiant ses résultats le 28 avril dans « Psychological Science ». Leur découverte ? Le harcèlement scolaire laisse de profondes marques à l’âge adulte, sur la santé du harcelé… comme du harceleur. »

Article paru ici.

Liens utiles :
« Le harcèlement moral » de Marie-France HIRIGOYEN (ça fait déjà quelques années que je l’ai lu, mais je me souviens qu’il était assez complet)

 

Transdisciplinarité en neuro-éducation


Au Canada on y trouve du sirop d’érable dont je suis un incorrigible glouton, mais aussi une association pour la recherche en neuro-éducation. Ils ont pondu un rapport bien costaud sur leur 5è congrès1 fin 2016, je vous livre un résumé ultra-condensé (sous forme de liste d’idées abordées ; les phrases sont citées presque telles-quelles afin de conserver la tonalité et le jargon chiant, pour que vous puissiez voir à quoi ressemble du texte académique !) des 9 conférences.

 

Ils ont souligné le rôle central du contrôle inhibiteur2 dans l’acquisition des connaissances à travers la correction d’erreurs cognitives systématiques.

Afin qu’un concept scientifique soit réellement appris, un changement conceptuel doit se produire dans la structure cognitive de l’apprenant. Notons qu’il n’existe pas de consensus sur les éléments constituant le mécanisme de changement conceptuel.

 

Les recherches en neurosciences suggèrent qu’au moins trois prérequis sont essentiels à l’apprentissage de l’arithmétique : le développement du sens des nombres, l’établissement de relations entre ce sens des nombres et les nombres symboliques, ainsi que le développement de l’inhibition (en préscolaire : aucun n’inclut simultanément les trois prérequis).

 

Notion de plasticité cérébrale (étude par EEG3) : connaître la façon dont le cerveau apprend favoriserait la volonté de s’améliorer de l’enseignant, ainsi que l’efficacité du traitement de l’erreur.

 

La nature de la transformation des conceptions pendant le changement conceptuel demeure notamment l’un des points litigieux. Pour certains, les conceptions sont complètement rejetées alors que d’autres considèrent qu’elles sont transformées ou qu’elles coexistent avec les concepts scientifiques dans le cerveau des apprenants. Des études récentes utilisant l’imagerie cérébrale semblent appuyer cette dernière hypothèse.

 

La première partie des tests est composée d’énoncés intuitifs alors que l’autre moitié est formée d’énoncés contre-intuitifs où la nécessité de surmonter une conception alternative afin de répondre correctement.

Un neuro-mythe fréquent consiste à penser que d’adapter son enseignement en fonction de styles d’apprentissage comme les styles visuel ou auditif favorise l’apprentissage. Des études effectuées dans différents pays en rapportent une prévalence considérable : plus de 90% des enseignants adhèreraient à certains d’entre eux.

 

La robotique éducative (RE) est un nouveau champ de recherche qui vise l’introduction d’une gamme technologique d’intelligences artificielles incarnées (robots) au sein de l’école. La RE possède un potentiel éducatif de plus en plus reconnu au sein de la littérature scientifique : développent d’aptitudes sociales, de réflexion et de résolution de problèmes. Toutefois, lorsque les enseignants ne sont pas suffisamment formés, spécialement en programmation avec laquelle ils éprouvent des difficultés marquées, l’utilisation de la robotique n’apporte aucun bénéfice à l’élève.

 

Les jeux vidéo (JV) sont plus présents que jamais. Ils permettent de générer efficacement des apprentissages, notamment pour des contenus complexes comme les sciences.

De plus, les JV constitueraient des ressources éducatives motivantes pour les élèves. Le manque de certitude quant au potentiel intéressant des JV serait dû à de multiples raisons, comme le rapprochement hâtif entre les jeux de divertissement et éducatifs, l’effet de nouveauté lié à l’introduction du JV dans la classe.

 

 

Pour aller plus loin / Lien(s) utile(s)

♦ Livre « How We Learn » de B Carey (Anglais seulement)

 

Notes

1■ Neuroéducation journal, septembre 2016, vol4 no1

2■ contrôle inhibiteur : nous permet d’inhiber les distractions pour rester concentré, de contrôler nos impulsions, nos émotions, ou les gestes inappropriés.

3■ Electroencéphalogramme : méthode d’exploration cérébrale qui mesure l’activité électrique du cerveau par des électrodes placées sur le cuir chevelu.
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Elon Musk veut relier les cerveaux aux machines

 

Venant d’un milliardaire on a de quoi se méfier…

 

« Reconnaissant être « intrigué » par Neuralink et les nouvelle ambitions d’Elon Musk, un spécialiste de l’apprentissage automatique et biologique tempère toutefois les fantasmes de ceux qui imaginent déjà demain une humanité augmentée. « La piste de l’homme augmenté ne me semble pas crédible », analyse-t-il, essentiellement à cause de certaines limites physiques, notamment au niveau cérébral. »

Article paru ici.

Liens utiles :
Livre « L’humain augmenté » de Edouard Kleinpeter

Une IA capable de simuler la voix de n’importe qui !


Lyrebird vient de mettre en place une capacité incroyable de synthèse vocale. Je ne me lasserai pas de répéter : Avec les progrès technologiques il faudra être de plus en plus vigilant sur la réalité des images et sons qui vous seront proposés…
Vous pouvez écouter des extraits ICI.

La revue Scientific American détaille un peu la technique ICI.

 

Vive le stress ? Adaptation et conséquences



QUOI

Comment notre corps réagit-il à une source de stress à court, moyen et long terme ?

POURQUOI

Je viens de voir un petit reportage sur arte1 qui parle de la réponse (urgente et inconsciente) du corps à un stress rude. On y voit notamment un accident de montagne, une poutre à franchir au-dessus du vide, une musicienne qui a le trac avant de monter sur scène… Ce dernier cas a ceci d’intéressant : la musicienne a été coachée pour faire face à son trac, et une des choses qui l’ont apaisée est le fait d’avoir l’explication des mécanismes de son trac.

COMMENT

L’idée est de faire contribuer toutes les parties du corps en mettant la patate sur les ressources allouées à ce qui nous permet de courir vite (muscles, poumons, cœur, …) le tout avec une bonne dose d’adrénaline et de cortisol pour être bien concentré, ne pas avoir trop mal, avoir la niaque ! Ensuite, pour « tenir », il met en veille ce qui n’est pas vital sur le coup (digestion, immunité microbienne…).

Sur le coup c’est une très bonne réaction… mais il ne faut pas confondre stress et stress chronique. Notre organisme n’est pas fait pour tenir la distance si cette excitation perdure : on s’épuise et on abime nos organes. Des effets physiologiques se font de plus en plus visibles, comme par exemple :

  • Tensions musculaires avec douleurs et fatigue associée
  • Perte des cheveux
  • Troubles digestifs (brûlures, coliques, constipation…)
  • Analyse de sang montrant plus de sucres ou de cholestérol
  • Affaiblissement immunitaire
  • Prise ou perte de poids
  • Troubles cardiaques (palpitations voire risque cardio-vasculaire)
  • Anxiété, humeur instable, insomnies, dépression

ON PEUT EN FAIRE QUOI

Bref, le stress ça peut être salvateur mais faut pas en abuser : au quotidien, mieux vaut pratiquer quelques méthodes de relaxation !

Pour aller plus loin / Lien(s) utile(s)
♦ Livre « l’intelligence du stress » de Jacques Fardin

Notes
1■ Xenius « Quand le corps se met en mode d’urgence » diffusé sur arte en mars 2017

 

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