Electrosensibilité, antennes et smartphones

 

 

Sujet controversé : d’un côté certains se plaignent de ressentir des effets néfastes sur leur corps, de l’autre les labos disent que les ondes n’y sont pour rien. Je suis tombé coup sur coup sur deux articles qui montrent une petite évolution, ça méritait bien d’être partagé.

Une double-page du magazine « Science & Vie » de juillet 2017 mentionne une chercheuse de l’Université de Picardie qui annonce : « Nos travaux menés sur des rats montrent qu’ils perçoivent bien les ondes émises par les antennes relais. Cela pourrait induire des troubles psychosomatiques ». J’aime bien à la fin de l’article la phrase « Cette étude est très intéressante, commente un grand expert dans ce domaine, qui souhaite rester anonyme. ». On voit là la liberté de parole censée ne pas être un problème ! D’autres études sont planifiées, notamment à Amiens.

Peu avant, j’avais lu l’article de « 01net » du 21 juin 2017 sur certains smartphones : « Ces mobiles, ainsi qu’une quarantaine d’autres, commercialisés entre 2012 et 2016, peuvent rayonner de manière importante lorsqu’ils sont placés sur le thorax. Au point qu’ils pourraient être interdits à la vente s’ils étaient mis sur Ie marche aujourd’hui. ». En effet l’Agence Nationale des Fréquences a changé la norme : depuis avril 2016, les mesures doivent être effectuées à 5 millimètres au maximum du corps (ce qui peut modifier de 50% la valeur de la mesure !).

Aller plus loin

 

Musk (Gates, Hawking) avertissent sur l’intelligence artificielle

Elon Musk avertit que l’intelligence artificielle (IA) est un risque « existentiel fondamental pour la civilisation humaine » et le gouverneur du Colorado John Hickenlooper examine comment les états peuvent y répondre.
Le PDG de Tesla et de SpaceX, a fait ces remarques pendant le week-end à la réunion de l’Association des Gouverneurs à Rhode Island.

Il a longtemps averti des menaces qu’il croit que l’IA posera, de l’automatisation à l’apocalypse. Bill Gates, Stephen Hawking et d’autres ont aussi sonné des alarmes à propos de l’IA.

Article entier en anglais ICI.

 

La formation (sac) ado

Bonjour à tous, aujourd’hui, l’introduction de l’article a des airs d’annonce officielle. Effectivement, cet article n’est pas comme les autres, et pour cause : l’équipe de NeuroHack-Learning monte en ce moment même une formation en ligne dont l’objectif est de fournir aux élèves de collège-lycée un puissant complément à ce qui leur est donné par le système scolaire. Eh ben oui, l’école a le réservoir d’informations, mais ne sait pas bien les transmettre… A l’heure du développement des neurosciences, il nous paraît dommage qu’aucune action de support ne soit menée pour apprendre à nos jeunes… à apprendre (ni aux parents d’aider efficacement leur ado sans le saouler).

Bref, cette formation doit être prête pour septembre et… ça nous bouffe pas mal de temps ! Du coup, cet article (et probablement quelques autres) aura pour thème spécifique la manière dont on met au point cette formation, ce qui vous permet de voir un peu comment on bosse. Bon, assez tourné autour du pot : c’est parti !

Eh bien tout d’abord, premier problème : aider nos jeunes à apprendre efficacement sans y passer des lustres et en devenant autonomes, c’est un beau projet, mais… qui est notre public cible en fin de compte ? Quelles sont les personnes qui se préoccupent de la performance scolaire des ados, qui ont les moyens et potentiellement l’envie d’agir ?

Les ados [#applause], bien sûr, sont un cœur de cible de cette formation. Il est bien évident qu’ils sont les premiers à avoir les moyens d’agir pour progresser en classe. Les moyens, oui, mais… la volonté ? Ils se pourrait bien effectivement qu’une partie des jeunes n’aient finalement pas franchement l’envie d’investir du temps et de l’énergie à progresser en classe… car ils ne perçoivent pas forcément l’intérêt et se découragent après avoir bossé pour de maigres résultats.

Chats, Animaux, Animaux De Compagnie, Domestiqué, MamanQui d’autre alors ? Les parents ! Parce que si les jeunes ne sont pas stressés par leurs résultats, les parents le sont souvent un peu plus…

Alors, cette formation : orientée parent/famille et encadrement, ou orientée élève et performance ? Et ben comme on n’avait pas envie de choisir, on a fait les deux ^^ !

Il y aura donc des modules centrés sur l’efficacité du travail, avec des hacks dans tous les sens, mais aussi des modules centrés sur la planification du travail et sa vérification, son contexte, sur la motivation…

Ah, zut, j’ai oublié un truc : bien sûr, il y aura aussi des modules sur « qu’est-ce que vraiment l’adolescence », d’un point de vue sociologique, psychologique et neurologique, qui apporteront des clefs aux parents pour comprendre en face de qui ils se retrouvent à ce moment de leur vie. Ce sera l’étape nécessaire pour ensuite leur donner des outils concrets pour faciliter le dialogue avec leurs enfants, ce qui là encore, est une étape incontournable pour aborder ensuite les vrais sujets avec eux (voir les gros problèmes si l’ado est en train de décrocher scolairement ou de s’enfoncer dans des comportements à risques).

Travail D'Équipe, Équipe, Gear, Conseil, Craie, HatchBon, à ce stade, vous l’avez compris, on n’avait pas non plus vraiment envie de choisir entre :

■ une formation très théorique, super-intéressante mais inexploitable sur le terrain, et

■ une formation pratico-pratique, qui certes pourrait aider mais sans aller en profondeur, sans solution élaborée pour répondre aux problèmes plutôt qu’à leurs symptômes.

On s’est donc arrangé pour qu’il y ait toujours un poil de théorie pour bien comprendre, et la pratique pour passer à l’action, dans tous les modules.

Enfin, voilà pour le teaser. On vous tient au courant du contenu du sac (ado) dans les semaines à venir !

 

 

APB – l’algorithme cauchemar qui décide de ta scolarité

Article montrant bien l’influence des algorithmes sur la vie réelle des gens. Ce n’est qu’un début…

Les points abordés sur les conséquences de ce système scolaire français :

 

  1. De très bons résultats ne permettent pas de vous assurer une place dans le supérieur
  2. APB n’est plus en mesure de vous assurer une place dans le supérieur
  3. On ne sait pas comment sont sélectionnés les étudiants des licences non-sélectives
  4. Les lycées français de l’étranger passent en priorité
  5. Les établissements ont des stratégies pour placer leurs élèves
  6. Il n’y a pas de tirage au sort en province
  7. APB est devenu un plan B
  8. La situation va s’aggraver l’année prochaine
  9. Face au logiciel il n’y a pas de stratégie gagnante pour les élèves
  10. APB n’est pas la maladie mais un symptôme

Voir l’article entier du magazine Challenges

 

7 astuces pour réussir à faire les choses qu’on traîne…


VOIR NOTRE INFOGRAPHIE SUR PINTEREST ICI !

 

Vous êtes embourbés dans la procrastination et les retards ? Vous n’arrivez plus à avancer dans votre vie ? Cet article est fait pour vous ! Découvrez ce qui doit changer dans votre comportement pour vous améliorer sur ce point-là.

1) Se mettre en condition pour accomplir les tâches pénibles

Eh ben oui, le début d’une action… se trouve avant le début de l’action lui-même. Le plus dur, c’est de rentrer dans l’état d’esprit adéquat pour faire les choses. Quand on dit que c’est le premier pas qui coûte le plus, c’est ça que ça veut dire. L’astuce, c’est de lancer le conditionnement intellectuel avant de lancer la tâche. Par exemple, si votre problème est d’aller au sport le soir après le travail, une attitude qui va vous aider à y aller effectivement est d’emporter avec vous votre sac de sport le matin en partant pour le travail, et d’aller à la salle directement après celui-ci. Ainsi, non seulement vous évitez la tentation de rester chez vous lorsque vous y retournez pour chercher votre sac le soir, mais en plus, le soir, en ressortant du bureau, votre tentation de rentrer chez vous est contrebalancée par le fait que vous avez déjà fait l’effort de prendre votre sac le matin : cette action n’aurait plus aucun sens si vous retourniez chez vous maintenant !

2) Réserver des espaces spécifiques aux différentes tâches

Il est important de séparer les lieux dédiés aux différentes occupations. En particulier, les moments de détente et les moments de travail doivent avoir lieu dans des espaces différents (des lieux différents, des pièces différentes, des bureaux différents…). Là aussi, il s’agit d’une histoire de conditionnement. Lorsque vous arrivez dans votre espace de travail, vous savez que vous êtes là pour travailler. Mais si votre espace de travail est aussi votre espace de loisir, la tentation de glisser de l’un à l’autre sera plus grande…

3) Faire un planning

Il s’agit de la suite logique des deux premiers points : le planning vous permet de vous projeter dans votre tâche avant que vous ne vous y trouviez réellement, et donc faire autre chose au moment prévu demandera un effort à votre cerveau. Il est important que votre planning soit écrit : « Les paroles s’envolent, mais les écrits restent ! » dit le dicton.

4) Commencer par les choses désagréables et finir par celles qui sont agréables

Puisque vous allez définir votre planning, commencez par prévoir de faire les choses désagréables en premier. Ce pour plusieurs raisons : déjà, si vous commencez par les choses agréables, votre plaisir sera gâché par le fait de savoir que les choses désagréables sont à venir (comme dit précédemment, votre cerveau est conditionné pour faire les choses dans l’ordre prévu, et les tâches à venir occupent donc de la place dans votre esprit). Ensuite, vous n’aurez aucune difficulté à passer des tâches désagréables à celles qui vous procurent du plaisir. En revanche, la tentation de ne plus respecter le programme prévu est plus grande lorsque vous prévoyez de les faire dans l’ordre inverse…

5) Créez-vous une routine

Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’habitude. Si vos plannings quotidiens se ressemblent de jour en jour et de semaine en semaine, très vite, vous rentrerez dans un cycle positif. Ce pour plusieurs raisons. Déjà, vous aurez confiance en vous : si vous avez réussi le jour ou la semaine passée à faire quelque chose, pourquoi y échoueriez-vous cette fois-ci ? Ensuite, les mécanismes intellectuels nécessaires pour rentrer dans la tâche sont toujours les mêmes, et s’ils reviennent périodiquement aux mêmes instants, votre cerveau se « configurera » mécaniquement et automatiquement pour effectuer les tâches prévues au moment prévu.

6) Se rappeler pourquoi on fait les choses

Une motivation précieuse est de se souvenir de pourquoi on fait les choses, quelles sont leur utilité. Une histoire intéressante à ce sujet est la suivante. Au Moyen-Age, un voyageur croise un homme maussade sur le bord de la route, un marteau et un burin en main. Il lui demande ce qu’il fait, ce à quoi l’homme répond : « Je casse des cailloux. ». Un peu plus loin, il en rencontre un autre, concentré sur sa tâche, avec les mêmes ustensiles en main que le premier. Il lui demande ce qu’il fait, ce à quoi l’homme répond : « Je travaille pour nourrir ma famille. » Enfin, il en rencontre un troisième, outillé comme les premiers, mais en extase. Et lorsque le voyageur lui demande ce qu’il fait, il répond : « Je bâtis une cathédrale ! » Essayez donc de prendre de la hauteur lorsque vous vous attaquez à une tâche particulièrement pénible, vous serez alors certain de faire ce pour quoi vous êtes fait.

7) Penser aux autres

Ca peut paraître ridiculement bien-pensant, dit comme ça. Mais en fait, c’est juste réaliste : sauf cas exceptionnel, votre vie n’a rien d’exceptionnel et les difficultés que vous rencontrez sont les mêmes que celles que rencontrent les autres personnes de votre entourage. Cela devrait vous aider à relativiser votre propre difficulté à assumer certaines tâches ingrates. De plus, observez les autres : inspirez-vous ainsi du comportement de ceux qui arrivent visiblement à surmonter les difficultés qui sont actuellement bloquantes pour vous.

En espérant que cette liste puisse vous être utile, je vous dis à la prochaine !

LE best-seller international qui a inspiré les autres :

S’organiser pour réussir : méthode GTD ou L’art de l’efficacité sans le stress, De David Allen

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Retenir à coup sûr un digicode PIN ou autre

Script de la vidéo :

Aujourd’hui on va voir l’utilisation d’une des méthodes de mémorisation de nombres les plus efficaces utilisées par les champions de mémoire et les mentalistes, pour retenir toute suite de chiffres : code pin, année, anniversaire, digicode d’entrée, numéro de téléphone etc…

Alors, cette méthode de mémorisation est ultra-efficace car l’astuce consiste à faire 2 choses que notre cerveau adore : visualiser une image et raconter une histoire.

Nous allons transformer les chiffres en images et inventer une histoire sur ces images. Il me faut moins d’une minute, et je me souviens de manière parfaite et durable du nombre que je voulais retenir. Rassurez-vous, la première fois que vous le ferez ça prendra un poil plus de temps, mais le système que vous mettrez en place vous servira pour tout, tout le temps.

Vous pouvez inventer le système que vous voulez, mais pour aller plus vite je vous présente le mien, libre à vous de l’adapter à votre ressenti ou de le garder tel quel s’il vous convient.

Voici les 10 images que j’utilise pour les 10 chiffres de 0 à 9 :
0 = œuf
1 = tour Eiffel
2 = cygne
3 = fesses
4 = voile
5 = serpent
6 = pois germé
7 = équerre de mécano
8 = lunettes
9 = parapluie

Je devais retenir 4138. J’ai beau le répéter 5 fois, il sera vite oublié dans le flot des pensées quotidiennes ! Mais après transformation en image, cela donne : une voile, la tour Eiffel, des fesses, des lunettes. Creusons-nous un peu la tête pour en sortir une histoire :

Alors y’a pas de rapport avec une planche à voile et la tour Eiffel, mais la tour Eiffel est à Paris, lieu de tourisme. Et la planche à la voile pour moi ça fait touriste ! Alors disons que mon histoire c’est un surfeur qui va faire du tourisme à Paris. Ensuite les fesses et les lunettes. Bon les lunettes ça ne se met pas sur les fesses. Par contre si on met ses fesses sur ses lunettes, on les casse. C’est ça, le surfeur a cassé ses lunettes en s’asseyant dessus, donc il a du annuler son voyage touristique.

Eh bien voila mon histoire : un SURFEUR a annulé son voyage à PARIS par ce qu’il s’est ASSIS sur ses LUNETTES.

Un SURFEUR (planche à voile) a annulé son voyage à PARIS (tour Eiffel) par ce qu’il s’est ASSIS (les fesses) sur ses LUNETTES.

41-38 !

Répétons encore cette histoire en voyant les images dans sa tête : un SURFEUR a annulé son voyage à PARIS par ce qu’il s’est ASSIS sur ses LUNETTES.

Et si en plus vous vous le rappelez un coup dans une heure et une fois ce soir avant de vous endormir, vous retiendrez ça pendant des jours et retrouverez le 41-38. Essayez ça marche du tonnerre.

Vous vous en souviendrez longtemps du SURFEUR qui a annulé son voyage à PARIS par ce qu’il s’est ASSIS sur ses LUNETTES !

 

Des faux souvenirs dans votre cerveau



Saviez-vous que des scientifiques ont réussi à implanter électriquement des faux souvenirs dans des cerveaux ? Incroyable, non ? C’est pourtant vrai…

… même si pour l’instant, on ne peut heureusement faire ça que sur des cerveaux de souris ! Mais c’est déjà assez inquiétant de connaître cette porte ouverte sur la manipulation de souvenirs, nous en dirons un mot dans deux minutes.

L’expérience consiste à associer deux souvenirs distincts dans le cerveau de souris pour en créer un nouveau. Pour ce faire, les chercheurs de l’équipe du Professeur Tonegawa du MIT, ont placé des souris dans des cages, et ont analysé les zones de leur cerveau qui s’activent lors de la découverte de leur nouvel environnement.

Le lendemain, les chercheurs ont placé ces souris dans un autre endroit, tout en réactivant les cellules de leur cerveau qui avaient perçu la cage de la veille, et ont administré un léger choc électrique à ces souris.

Le surlendemain, les chercheurs ont placé à nouveau les souris dans leur cage de départ : celles-ci, reconnaissant les lieux, et se souvenant du choc électrique qui a été artificiellement associé à ce souvenir dans leur cerveau, ont adopté une attitude craintive. Alors que dans cette cage il n’y a pas, il n’y a jamais eu de choc électrique.

Vous allez me dire, mais comment font-ils pour activer des zones mémoire ?

Eh bien la méthode de réactivation des neurones utilisés fait appel à l’opto-génétique : les souris utilisées dans l’expérience sont génétiquement modifiées pour rendre leurs neurones sensibles à la lumière : ainsi, on peut les réactiver en les exposant à une source lumineuse.

Vous vous en doutez : cette expérience datant de 2013, d’autres ont été effectuées depuis. Et maintenant, non seulement on a d’autres choses, mais surtout, on a mieux !

En 2015, des chercheurs du CNRS2 ont réussi à implanter des souvenirs dans des souris durant leur sommeil, via des électrodes… Ces souris n’ont donc pas eu besoin d’être manipulées génétiquement pour subir leur traitement. Leurs résultats ont été publiés dans la revue « Nature Neuroscience », n°18, p.493-495, de l’année 20153.

Le protocole expérimental était le suivant : durant le sommeil des souris, les chercheurs ont activé les zones cérébrales actionnant le plaisir chez l’animal tout en activant certains neurones liés à la géolocalisation.


Le résultat ? On simule ainsi leur présence à un endroit précis pour leur cerveau. Le lendemain, les souris dont les souvenirs ont été manipulés se sont rendues spécifiquement aux endroits dans lesquels elles avaient des souvenirs artificiels de plaisir.

Chez NeuroHack on aime bien vous montrer les deux aspects des découvertes : le bon et le mauvais.

Le bon d’abord. Dans le cas d’une application sur l’homme (ce qu’on ne sait pas encore faire actuellement) on pourrait améliorer notre compréhension de la mémoire dans l’espoir :

  1. de guérir les troubles dus à des maladies neurodégénératives,
  2. améliorer la fiabilité des témoignages dans les affaires judiciaires,
  3. mieux gérer les chocs émotionnels post-traumatiques

Maintenant, le mauvais.

Ces techniques pourraient être de toute autre nature si on se réfère aux différentes œuvres de science-fiction traitant de ces sujets (on pense inévitablement à Inception, Total Recall, Blade Runner…). Des gens y penseront forcément le moment venu.

Rendez-vous compte que changer les souvenirs de quelqu’un, c’est rentrer dans l’intime, changer sa personnalité, manipuler ses joies et ses peurs, donc son caractère, lui faire haïr quelqu’un et apprécier quelqu’un d’autre…

En gros, des questions philosophiques vertigineuses pourront bientôt s’immiscer dans vos esprits : Suis-je bien sûr de mes souvenirs d’enfance ? De ce que j’ai fait la veille ? De qui j’aime ou qui je déteste ?… De ce que je suis en train de faire ?? Est-ce bien ma vie que je vis ? Et sinon, à quoi ressemble vraiment ma vie ?

Mais commençons par plus simple : êtes-vous bien sûr d’avoir réellement lu cet article ?

Notes

1■ http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/08/11/01008-20130811ARTFIG00139-de-faux-souvenirs-implantes-chez-des-souris.php

2■ http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2015/03/10/chercheurs-implantent-faux-souvenirs-cerveaux-souris

3■ http://www.nature.com/neuro/journal/v18/n4/full/nn.3970.html

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L’oubli indispensable au bon fonctionnement du cerveau

De Marie-Céline Jacquier, à voir sur Futura Sciences

L’oubli est un élément essentiel à l’intelligence humaine car il permet de se concentrer sur ce qui est important. Une mémoire efficace ne se conçoit pas comme une accumulation de données : la conservation d’informations trop précises peut en effet s’avérer contre-productive.

C’est ce que rappellent deux chercheurs de l’université de Toronto dans un nouvel article paru dans Neuron, où ils dressent un parallèle entre la mémoire humaine et la mémoire artificielle. […] D’après les auteurs, l’objectif de la mémoire n’est pas de transmettre l’information la plus fidèle, mais plutôt d’optimiser la prise de décision en ne conservant que celles de valeur. […] L’oubli permet de s’adapter à de nouvelles situations en laissant de côté des informations datées et trompeuses qui ne sont pas forcément utiles dans un environnement qui a changé.

 

 

Votre cerveau fait son marché


QUOI

Aujourd’hui, vous allez faire vos courses. Vous savez ce que vous allez acheter.
Aujourd’hui, vous allez faire vos courses. Ils savent ce qu’ils vont vous vendre !

POURQUOI

De fait, si les entreprises, d’une manière générale, cherchent à vous vendre un service ou un bien, on peut penser que, d’une certaine manière, elles vous sont utiles, à savoir qu’elles vous « rendent service » ou vous « donnent » un objet qui répond à l’un de vos besoins et que vous n’auriez pas pu acquérir par vos propres moyens (ou avec un coût en temps très important). Il vous paraît donc normal de les payer en retour. Il s’agit d’un juste échange. Et on connaît par ailleurs tous les bienfaits du petit commerce local en terme de tissus social, un bon commerçant étant avant tout quelqu’un qui a un bon contact humain avec ses clients, qui cherche effectivement à répondre à leur besoin, et ce pas forcément dans une logique marchande : l’efficacité de son commerce n’est finalement qu’un effet de bord de son altruisme naturel.

Dans ce contexte est apparu ce que l’on appelle le « marketing » (littéralement « mettre sur le marché », soit « rendre vendable »), discipline dont l’objectif pratique est d’optimiser la vente des produits ou des services d’une entreprise. La discipline se découpe en deux sous-domaine : analyser les besoins des clients potentiels dans un premier temps, puis réussir à leur vendre le produit ou le service de l’entreprise censé répondre à ce besoin dans un second temps.

Les dernières évolutions du marketing sont ce que l’on appelle le neuro-marketing. Ce terme a été inventé par le chercheur en neurosciences Read Montague. Il désigne l’application au marketing des connaissances acquises dans le domaine des neurosciences. Brièvement, le neuro-marketing ne cherche pas à vendre des produits à votre personne, mais à votre cerveau.

COMMENT

On sait effectivement de nos jours que la perception que nous avons du monde tient plus de la construction cérébrale que d’une connaissance directe acquise à travers nos sens. A titre d’exemple, nous savons que sur les dix connections reliant l’œil au cerveau, neuf sont dédiées à l’envoi d’informations à l’œil par le cerveau, quand une seule fait remonter les informations de l’œil vers le cerveau1.

Mais si le client, ce n’est plus votre personne, mais votre cerveau. Qu’est-ce que cela signifie ? Beaucoup de choses… Si l’on s’en remet aux deux sous-domaines du marketing définis plus haut, le neuro-marketing cherche à identifier les besoins de votre cerveau d’une part, puis à lui vendre ensuite les services ou produits de l’entreprise. Les besoins de votre cerveau sont définis scientifiquement, plus en vous concertant pour savoir comment vous vivez, mais en vous catégorisant (âge, sexe, appartenances sociales…) puis à y répondre par le « packaging » du produit ou du service. En gros, dans le neuro-marketing, votre besoin réel disparaît complètement, et ce n’est pas quelque chose de concret que l’on vous vend, mais une image travaillée pour votre cerveau.

Le marketing en soi n’est qu’un outil, ni bon ni mauvais. Il peut vous faire découvrir intelligemment un très bon produit (qui peut vraiment améliorer votre vie) ou vous pousser à acheter de la merde (matériel addictif, dangereux, etc). La question éthique se situe après l’acte marketing.

QU’EST-CE QU’ON PEUT EN FAIRE

A titre d’exemple, Read Montague et son équipe ont montré dans une de leurs études que si, en blind test, les consommateurs préféraient le Pepsi au Coca, ces derniers préféraient, en test avec vu, consommer du Coca2. Toute la puissance du neuro-marketing est ici illustrée.

Bref, puisqu’on a tendance à dire que votre pire ennemi, c’est vous-même, interrogez-vous bien sur le besoin réel de ce que vous achetez plutôt que de laisser votre cerveau le faire à votre place !

Aujourd’hui, vous allez faire vos courses. Ils savent ce qu’ils vont vous vendre. Aujourd’hui, vous allez faire vos courses. Vous savez ce que vous allez acheter !

Notes

1■ Idriss Aberkane, « Libérez votre cerveau », Ed. Robert Laffont, 2017, p.67.

2■ The Guardian 29 juin 2004

 

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