AI – la police veut qu’elle arrête le crime avant d’avoir lieu

 

La police au Royaume-Uni veut prévoir les crimes en utilisant l’intelligence artificielle.

Le système, appelé la Solution d’Analytique de Données nationale (NDAS), utilise une combinaison d’AI et la statistique pour essayer d’évaluer le risque du passage à l’acte de quelqu’un.

La Police de West Midlands mène le projet jusqu’à la fin mars 2019 pour produire un prototype.

Lire l’article en anglais sur NewScientist.

 

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IA peut identifier quelqu’un de dos par sa démarche

Déjà utilisée par la police dans les rues de Pékin et de Shanghai, la  » reconnaissance de la démarche  » s’inscrit dans le cadre d’une campagne de développement de l’intelligence artificielle et de la surveillance basée sur les données en Chine qui suscite des inquiétudes quant à l’étendue de cette technologie.

Le logiciel, construit par une société chinoise d’intelligence artificielle appelée Watrix, extrait la silhouette d’une personne de la vidéo et analyse le mouvement de la silhouette pour créer un modèle de la façon dont la personne marche.

 

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Des objets intelligents, connectés ET indiscrets


QUOI

Il y a un dicton qui dit : « Celui qui a gagné une pièce d’or a gagné une pièce d’or, mais a perdu une main. » (sous-entendu : celle qui se referme sur la dite pièce et qui n’est donc plus utilisable). On pourrait encore traduire cette question par: « Les objets que vous avez acheté, est-ce que vous les possédez, ou bien est-ce que ce sont eux qui vous possèdent ? » Outre le fait que l’on pourrait se demander combien de mains l’on a déjà perdu, cette interrogation profondément philosophique prend de nos jours un tour étrangement concret…

POURQUOI

Certes, l’on sait bien que nos précieuses données personnelles, celles que nous consentons à divulguer à de grandes entreprises qui en font le commerce, sont ensuite utilisées pour catégoriser le genre humain, l’étudier, l’analyser, et finalement prévoir, anticiper et influencer la prise de décision de n’importe quel type d’individu. Cette transparence nouvelle de l’homme a notamment été mise en lumière par Olivier Ertzscheid dans son article « L’homme est un document comme les autres : du world wide web au world wide life. »1

COMMENT

Ce que l’on doit comprendre également, c’est que ce dommage collatéral est indissociable du progrès technique. Ce pour plusieurs raisons. La première, c’est tout simplement qu’un outil utile, c’est un outil qui répond à un besoin, et qu’un outil que vous allez utiliser, c’est un outil qui ne va pas vous demander d’effort particulier pour l’utiliser. Autrement dit, un outil dit « intelligent », c’est un outil qui a pour vocation de vous connaître mieux que vous-mêmes. De connaître vos besoins et de comprendre comment vous les exprimez. Vous me suivez ? Tout simplement, si l’on cherche à répondre à vos besoins de manière précise et ce avant que vous ne perdiez du temps et de l’énergie à les formuler dans un langage (quel que soit sa nature : oral, écrit, gestuel…) précis, il faut vous connaître précisément. C’est une condition nécessaire. Et il y a donc nécessité d’amasser une quantité impressionnante d’informations sur vous.

Un autre point, c’est que l’intelligence est quelque chose de collectif de manière générale. On s’en aperçoit dans tous les domaines : Isaac Newton a dit “If I have seen further, it is by standing on the shoulders of giants.”2 (“Si j’ai vu plus loin, c’est parce que j’étais juché sur des épaules de géants”), en parlant de ses prédécesseurs et en citant ainsi Bernard de Chartres. Eric Raymond, co-créateur du terme « Open Source », s’appuie aussi sur cette idée pour exprimer la supériorité du système de l’Open Source sur celui du code propriétaire dans son essai « The Cathedral & the Bazaar »3. Enfin, on sait également désormais qu’une masse de joueurs d’échecs de qualité variée arrive à rivaliser dans une partie avec de très forts joueurs.4 En conclusion, si les machines peuvent dépasser l’homme, c’est parce que celui-ci n’a qu’un échange limité avec ses autres congénères, quand la machine, elle, peut bénéficier de l’expérience de tous, presque sans aucune limite. Donc plus la machine (donc l’outil) doit être performant, donc intelligent, plus il doit avoir accès à une large source de données (« d’expériences »), pour « apprendre son métier ».

Se pose ensuite la question du cercle infernal : un outil vous aide, mais pour s’améliorer, doit vous soutirer des informations. Alors : qui possède qui ? Peut-on parler de symbiose ?

CE QU’ON PEUT EN FAIRE

Le problème, c’est que même si symbiose il y a, cette connaissance de l’homme est problématique. Tant que les technologies sont là pour aider l’homme, le monde s’améliore. Mais si elles étaient utilisées pour le détruire ?

C’est notamment cette confiance entre l’utilisateur et le fournisseur des outils qui pose problème en 2015 quand Sony sort sa télévision à commande vocale… Les utilisateurs ont peur d’avoir acheté un mouchard directement installé dans leur salon, qui écoute leurs conversations de table ! Pire : Samsung se réserve le droit de revendre les informations collectées à des tiers !5

Mais de nos jours, avec la prolifération des objets connectés, le problème ne s’arrête plus à la simple confiance dans les fournisseurs, mais aussi dans la sécurité directe du dispositif : et si le mouchard se faisait hacker ? C’est d’ailleurs pour cette raison que la poupée jouet Cayla a été retirée du marché en Allemagne : celle-ci captait les voix des enfants pour les transmettre sur les serveurs du fabricant… celles-ci auraient donc pu être interceptées à des fins malveillantes.6

Après tout ça, qu’en pensez-vous : Possédez-vous vos objets ou pensez-vous qu’ils vous possèdent ? Ou bien que d’autres vous possèdent au travers de vos propres objets ?

ALLER PLUS LOIN

NOTES

1■ Olivier Ertzscheid, « L’homme est un document comme les autres : du world wide web au world wide life », Hermès, La Revue- Cognition, communication, politique, CNRS-Editions, 2009, pp.33-40

2■ Wikipedia

3■ Eric S. Raymond, “The Cathedral & the Bazaar”, 2010

4■ Par exemple : The world vs Arkadij Naiditsch

5■ Libération

6■ Magazine 01net, 08/03/17

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Google connaît mieux ta langue que toi !

 

 

Google a annoncé cet été à la conférence Google Cloud Next ’18 une mise à jour intéressante sur Google Docs : désormais vous disposerez d’un correcteur, non seulement orthographique, mais aussi grammatical !1

Le fonctionnement est simple : quand une possible faute de grammaire est détectée, la portion de phrase est surlignée en bleue. Par clic droit, on peut alors accepter l’une des propositions qui s’affichent, ou les refuser toutes. On peut aussi, après avoir rédigé un texte, corriger toutes les fautes via le menu « Outils ».2

Il faut bien comprendre que, si le résultat est à la hauteur des attentes, il s’agira d’une avancée importante dans le cadre du traitement automatique des langues. En effet, construire un correcteur orthographique n’est en soi pas très compliqué : il suffit de disposer d’un dictionnaire pour ça. Si le programme sait dans quelle langue vous écrivez (les ordinateurs arrivent à détecter la langue dominante d’un document à partir des premiers mots écrits), il charge le dictionnaire correspondant et compare tous les mots à ce dictionnaire pour savoir si ce que vous écrivez est correct ou non. Bon, OK, en pratique, c’est un peu plus complexe : il faut s’intéresser aux règles formelles d’accord, mais comme ces règles sont formelles, les ordis s’y retrouvent plutôt bien de nos jours, comme on peut le constater en utilisant n’importe quelle suite bureautique.

Mais là, ça va plus loin : la détection des fautes de structures de phrases nécessite une bonne compréhension de la langue de la part de la machine. C’est d’ailleurs pour ça que Grammar Suggestions utilisera le machine learning pour progresser, et qu’il est actuellement en phase d’apprentissage. Vous pouvez d’ailleurs vous porter volontaire pour entraîner le programme en faisant une demande à Google et en utilisant une version bêta sur Google Docs.3

Eh oui, quand Grammar Suggestions aura un peu grandi, il écrira mieux que nous. Ce qui laisse tout de même songeur…

Look further / Useful link(s)

Notes

1■ Journal du geek, « Google Docs se dote d’un correcteur grammatical basé sur l’intelligence artificielle« , 25/07/18.

2■ Article du blog G Suite Updates de Google, « New grammar suggestions in Google Docs launching to Early Adopter Program », 24/07/18.

3■ Participer aux tests

 

 

 

 

 

 

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Les trucages vidéos de plus en plus effrayants

Ca fait maintenant un moment déjà que l’on arrive à reproduire la voix de quelqu’un avec un logiciel de synthèse vocale1, histoire de lui faire dire des choses qu’il n’a pas dites… On arrive maintenant aussi à le mettre en image (vidéo en temps réel), et ce de manière très réaliste pour l’œil humain. Dans le milieu du Deep Video Portraits, Michael Zollhöfer est au milieu des innovations actuelles, notamment comme membre du projet HeadOn.

On a trouvé un certain nombre de vidéos sur ce sujet, plutôt inquiétant. On les partage donc avec vous :

Les « deepfakes », savant mélange de « deep learning » et de « fake news » :

Deepfake Videos Are Getting too Good :

‘HeadOn’, An AI That Transfers Torso, Head Motion, Face Expression And Eye Gaze :

Générer une vidéo de quelqu’un qui fait la même danse qu’un autre :

Bonus / Manipulation anti-vieillissement (high level !) par Rousselos Aravantinos :

Notes

1■ Article du journal « Le Monde » du 02/04/2017 « L’appli qui imite les voix »

 

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DATAK, un jeu vidéo évolué sur la vie privée

Datak est un jeu vidéo gratuit en français, développé par la Radio Télévision Suisse, pour vous montrer différents enjeux sur la vie privée.

Ce jeu pour navigateur vous plonge dans la peau d’un stagiaire recruté dans une mairie. Datak a été actualisé pour tenir compte de l’actu, de la loi RGPD au scandale de Cambridge Analytica.

Vous avez donc 15 nouveaux défis autour des vols massifs de données mais aussi du Big Data, ainsi qu’un évitement de caméras de surveillance…
Vous pouvez télécharger le trailer ICI, et jouer à partir de là.

 

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Le Big Brother français arrive

La reconnaissance faciale « intelligente » est annoncée comme une nécessité pour le ministère de l’Intérieur. Le modèle chinois de contrôle et surveillance de la population par des caméras et des algorithmes d’identification des personnes semble inspirer le gouvernement et l’administration française qui lance des expérimentations et des partenariats.

Le système peut identifier en temps réel avec exactitude le type de voiture, l’habillement, le sexe et même l’âge d’un passant… Ces informations sur les passants s’affichent automatiquement à l’écran. Quand il s’agit d’un criminel recherché, l’alarme du système se déclenche en montrant les données le concernant sur l’écran.

La France est l’un des pays champion des technologies numériques de surveillance.  Pionnier dans le domaine du « Deep packet inspection » (DPI, inspection profonde de paquets) grâce à sa recherche universitaire et des montages d’entreprises spécialisées dans l’exportation de ces systèmes à des dictatures, le pays de Victor Hugo a légiféré en cascade depuis plusieurs années pour autoriser les services de police et de renseignement à surveiller et capter les échanges numériques des citoyens de façon administrative, sans contrôle d’un juge d’instruction.

Le CNRS confirme

L’annonce récente par le CNRS de la signature d’une convention avec la Direction du renseignement militaire (DRM) confirme l’intérêt des services de l’Etat pour le développement d’intelligences artificielles de reconnaissance d’image.

« L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre.  »
Gérard Collomb dans son bilan « d’un an de maintien de l’ordre », le 8 juin 2018

Article complet sur tv5monde.

 

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Ouverture d’une chaire de sciences des données au Collège de France

 

 

En janvier 2018, une chaire de Sciences des données a été ouverte au Collège de France par Stéphane Mallat, chercheur français qui avait mis au point en 1987 un algorithme à l’origine du futur format JPEG2000 avant de fonder une start-up produisant des puces électroniques pour TV qui permettaient d’améliorer la résolution de l’image (production d’un image haute résolution à partir d’un signal standard), puis de faire des recherches sur les algorithmes d’apprentissage profond pour des problèmes liés à la reconnaissance automatique d’images.

Dans une interview pour le journal La recherche1, il explique les raisons de la création de sa chaire au Collège de France et donne des indications sur le contenu des cours qu’il y donne.

Pour lui, il était important que le nom de sa chaire soit « Sciences des données » au pluriel, car il s’agit d’un champ de recherche multidisciplinaire. En effet, bien que les outils utilisés soient toujours les mêmes (mathématiques appliquées, informatique et IA, théorie de l’information etc.), les jeux de données traités concernent toutes sortes de sciences (physique, biologie, sciences cognitives, économie, sciences sociales, etc.). Or chacune de ces sciences ont leur propre manière d’aborder le problème des big data, ce qui fait des sciences des données un domaine massivement pluridisciplinaire. D’ailleurs, Stéphane Mallat soutient que l’émergence de cette discipline n’est pas due à une nécessité scientifique, mais plutôt à une pression sociale et universitaire, puisque ces méthodes sont tout simplement en train de révolutionner nos sociétés en profondeur (un peu comme les chaires d’informatique se sont imposées petit à petit dans les universités, cinquante ans plus tôt). En fait, cette pression est telle que Stéphane Mallat travaille actuellement à l’ouverture d’une autre chaire de sciences des données à l’Ecole Normale Supérieure. Du coup, comme le domaine commence tout juste à cristalliser, le principal objectif de sa chaire au Collège de France sera de créer un vocabulaire commun, utilisable par les tenants de toutes les disciplines scientifiques concernées, pour traiter des problèmes liés aux données de grande dimension. Autrement dit, de poser les bases de cette nouvelle science par la création d’un vocabulaire qui lui est propre.

Historiquement, si on veut comprendre d’où vient ce domaine émergent, c’est par les biais de l’accumulation des données (big data) et de l’augmentation de la puissance de calcul que les maths appliqués et l’informatique se sont rencontrés pour donner naissance au machine learning. Parce qu’historiquement, on a d’abord été capable de stocker un grand nombre de données, avant de savoir ce qu’on pourrait en faire. Globalement, les sciences des données sont utilisées pour atteindre deux types d’objectifs : la modélisation d’un jeu de données (pour générer des données nouvelles, compresser des données, reconstruire ou améliorer la qualité d’une image etc.) et la prédiction (qui consiste à donner du sens à un amas de données). Actuellement, les techniques à base de réseaux de neurones profonds fonctionnent bien pour ces utilisations, mais on comprend mal pourquoi. Il y a donc un domaine entier de recherche à ce niveau, qui devrait permettre de les rendre plus fiables pour les applications critiques comme la médecine (diagnostic médical) ou la conduite autonome. Les autres axes de recherche concernent la réduction du nombre de dimensions des problèmes en découvrant et utilisant des hiérarchies multi-échelles (observation des données à différentes échelles) et des symétries (invariances) dans les jeux de données traités.

 

 

Et du fait qu’on a d’une part des entrepôts de données et d’autre part tout un arsenal de maths appliquées à utiliser, l’une des particularités de ce domaine est qu’il est à la fois théorique et expérimental. Ce sont en effet, d’après Stéphane Mallat, des approches empiriques et des intuitions remarquables de plusieurs chercheurs et ingénieurs que sont nés les récents et foudroyants progrès que l’on connaît dans les techniques de reconnaissance visuelle et vocale, de traduction automatique ou encore dans les jeux de go ou des échecs. Et c’est pour lui la recherche expérimentale dans ce domaine qui fait émerger de nouveaux problèmes mathématiques ; et c’est donc pourquoi cette correspondance maths et application est au cœur de son cours.

Notes

1■ La recherche, février 2018

 

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Le vote électronique par BLOCKCHAIN rend la démocratie plus transparente


 

C’est un article de  du blog CoinCentral (avec leur autorisation – traduit par nos soins).

 

Si, après un vote, il faut aller dépouiller les bulletins, c’est qu’il y a une raison. En fait, préserver l’anonymat des votants est la manière la plus simple de les protéger de diverses pressions et donc de garantir l’intégrité de leur vote. Et ça a été un problème pour mettre au point le vote électronique, parce qu’il est difficile de s’assurer de la validité des scrutins tout en conservant l’anonymat des votants. Or la technologie de la blockchain pourrait bien résoudre tous ces problèmes.

En fait, le vote par blockchain est déjà en train de changer certaines élections. Par exemple, actuellement, aux Etats-Unis, les militaires de la Virginie Occidentale en exercice outre-mer peuvent voter en utilisant leurs smartphones. Pour cela, une méthode alliant cryptage et enregistrement par blockchain permet de compter les votes. D’autres pays, comme le Brésil, le Danemark, la Corée du Sud ou la Suisse explorent également les possibilités qu’offre le vote par blockchain. Cependant, c’est l’Estonie qui est de loin le leader dans ce domaine. En effet, tous les Estoniens ont des cartes à identifiant unique qui leur permettent de voter simplement et de manière sécurisée, grâce à la technologie de la blockchain.

Digitaliser la partie la plus essentielle de la démocratie pourrait avoir de profondes et durables conséquences sur la forme dominante du mode de gouvernance actuel. Les citoyens pourraient prendre des décisions bien plus rapidement qu’avec les modes de scrutins traditionnels, et les référendums publics pourraient donc se généraliser. Par suite, la démocratie représentative pourrait bien être marginalisée par la démocratie « directe », s’appuyant sur la volonté du peuple, sans intermédiaire. Mais ce n’est pas tout : une autre conséquence serait qu’il deviendrait plus compliqué, voire impossible, de truquer les résultats d’une élection. Cet article s’intéresse au fonctionnement du vote électronique par blockchain et à ses implications sur le monde actuel.

Les bases du vote par blockchain

Le vote par blockchain est similaire au vote traditionnel que l’on connaît. Les mêmes concepts et processus s’y appliquent. Pour voter électroniquement, un citoyen devrait préalablement s’enregistrer et prouver sa citoyenneté devant la juridiction compétente. On enregistrerait alors son identité et sa citoyenneté sur une blockchain, en les associant à sa clé d’identification.

Ensuite, le citoyen utiliserait un bulletin électronique pour voter. Dans la blockchain, le bulletin prendrait probablement la forme d’un jeton spécial qui serait déposé sur son compte utilisateur. Ce jeton aurait aussi probablement une durée de vie limitée, au cours de laquelle le citoyen pourrait voter. Et une fois sa durée de vie dépassée, il serait détruit ou rendu inutilisable.

Voter en utilisant la blockchain reviendrait alors à envoyer son jeton à une adresse électronique spécifique représentant le candidat ou l’option du référendum soutenu. Les votants seraient informés de ces adresses avant le vote.

Techniquement parlant, ça semble plutôt simple. Le vote est enregistré sur une blockchain, et le mécanisme de la blockchain le rend immuable, vérifiable et transparent. On peut facilement compter les voix pour déclarer un vainqueur à l’élection. En plus, on peut construire des interfaces utilisateur intelligentes qui automatiseraient l’envoi du jeton et masqueraient la complexité informatique du processus à l’utilisateur : les votants ne verraient alors qu’une interface en ligne classique leur permettant de sélectionner un candidat et de voter pour lui d’un simple clic sur un bouton.

Vérifier l’identité des votants

Si cette première explication semblait simple et que vous vous demandiez pourquoi on ne vote pas déjà en utilisant des blockchains, c’est parce qu’en fait, c’est bien plus compliqué que ça. Il y a des tas de problèmes qui doivent d’abord trouver des solutions.

L’un des problèmes majeurs est la vérification de l’identité du votant. Pour que le vote par blockchain marche, on a besoin d’un système empêchant les personnes de voter plusieurs fois ou de voter à une élection à laquelle ils n’ont pas le droit de participer. Ca devient compliqué à gérer avec un système à base de blockchains parce que la vérification de la citoyenneté ou du lieu de résidence revient à une autorité centrale.

Une solution à base de blockchain reposerait sur la délivrance par l’utilisateur d’un scan de son passeport ou de son permis de conduire. Son identité pourrait alors être reliée à un appareil mobile par l’utilisation d’un mot de passe et un système de double authentification ou un système d’identification biométrique (comme une empreinte digitale). L’idée, c’est de vérifier que l’identité de la personne présentée sur les documents soumis est bien celle de l’utilisateur de l’ordinateur ou du smartphone utilisé pour voter.

Conserver l’anonymat et le bulletin secret

Une fois qu’on a vérifié l’identité et le droit de vote du votant, il faut encore la séparer du bulletin de vote lui-même. En effet, le bulletin secret est l’une des clés de la démocratie. Pour empêcher toute influence sur le vote, personne ne doit pouvoir savoir comment un autre a voté.

Avec le vote par blockchain, le bulletin enregistré sur la blockchain ne devrait donc pas permettre d’identifier le votant. Ca signifie que l’information sur le votant doit être cachée. Il y a différentes manières d’obtenir ce résultat, comme l’utilisation de preuve à divulgation nulle de connaissance, les signatures de cercle ou encore diverses méthodes de cryptage. Chacune de ces options présente des avantages, des inconvénients et des défis techniques. En fait, la garantie de l’anonymat absolu et la vérification de l’identité du votant est le grand challenge du vote par blockchain.

Les experts en cybersécurité sont généralement d’accord pour dire que les blockchains ne peuvent pas être hackées (pour peu que le réseau soit bien dimensionné et que l’on utilise des algorithmes de consensus). Les preuves logiques et les statistiques indiquent qu’il devient extrêmement peu probable de compromettre un block une fois que le réseau l’a confirmé. Cependant, l’anonymat requis pour le vote est plus difficile à sécuriser et à garantir.

Conséquences possibles

Le vote par blockchain peut avoir de grandes conséquences dans l’avenir s’il gagne en popularité et devient facilement utilisable pour les citoyens. Il pourrait alors bien changer fondamentalement le fonctionnement des démocraties.

1. Plus grande transparence du processus de vote

Le plus grand intérêt de la blockchain réside dans la transparence totale du processus de vote qu’elle offre. Pour l’instant, une fois que vous avez jeté votre bulletin dans l’urne, vous ne savez pas vraiment ce qu’il devient. Vous êtes obligés de faire confiance à ceux qui s’occupent du dépouillement. Mais vous n’avez aucun moyen d’être sûr que votre bulletin a bien été compté.

Avec le vote par blockchain, vous devriez pouvoir suivre à la trace votre bulletin et voir dans la blockchain qu’il a atterrit à la bonne adresse (et donc qu’il sera utilisé dans le décompte final). Même si votre identité n’y est pas attachée, votre bulletin sera présent dans la blockchain et y restera inscrit indéfiniment.

2. Plus grande difficulté à frauder et à truquer les élections

Un effet secondaire de l’augmentation de la transparence est la réduction de la fraude. La vérification de l’identité enregistrée sur une blockchain rend plus difficile de tricher ou de voter à une élection où l’on n’était pas électeur. De plus, dans les pays où les dictateurs truquent les élections, le mécanisme de la blockchain pourrait ramener la vraie démocratie. Bien sûr, initier un système de vote par blockchain requiérerait un accord de la part du gouvernement en place. Mais, avec le temps, le vote par blockchain pourrait devenir un standard international, préconisée dans toutes les nations par la communauté mondiale.

3. Le vote quotidien en temps réel

Si la blockchain rend le vote transparent, alors il devient possible de suivre et de compter les votes en temps réel. Ca signifie que les élections dureraient bien moins longtemps que dans le système traditionnel. De plus, si elles sont numériques, elles demanderaient moins d’investissement en termes d’infrastructures. En conséquence, il deviendrait possible d’organiser rapidement un référendum.

Ca pourrait complètement changer notre vie de tous les jours. Imaginez si vous pouviez voter sur votre téléphone pour les modes de circulation à favoriser dans votre ville, ou pour choisir s’il faut augmenter les impôts pour créer un nouvel espace vert. Voter pourrait devenir une seconde nature, même pour résoudre les problèmes de voisinage. Ca semble un peu fou d’imaginer qu’on pourrait voter plus souvent, voir tous les jours.

4. Gouvernance d’entreprise et organisations autonomes

Les gouvernements ne sont pas les seules institutions qui pourraient bénéficier du vote par blockchain. Les employés ou les actionnaires d’une entreprise pourraient tout aussi bien voter ainsi pour promouvoir une initiative. Il deviendrait même possible d’imaginer des entreprises sans patron, dans lesquelles chaque décision serait mue par un vote des actionnaires.

5. Augmenter le taux de vote

Un gros avantage du vote par blockchain serait d’augmenter le taux de vote. Si la blockchain rend le vote électronique possible depuis un smarphone ou un ordinateur, voter devient aussi simple que de s’authentifier sur un site et de cliquer sur un bouton. Ca augmenterait probablement drastiquement le taux de vote aux élections, et rendrait donc notre société plus démocratique. D’un autre côté, ça pourrait aussi finir par lasser les gens et leur faire réaliser qu’ils aimaient bien élire des représentants qui s’occupaient des affaires politiques pour eux.

Conclusion

Le vote par blockchain n’est pas encore parfait et n’est pas tout à fait prêt pour être utilisé tout de suite. Cela dit, il produira probablement un changement massif de la démocratie quand il deviendra opérationnel. Rendant le vote plus simple et plus transparent, il augmentera l’engagement électoral. Il pourrait aussi nous rappeler pourquoi les représentants existent, pour penser à la politique en permanence et prendre des décisions raisonnées sur les affaires auxquelles les citoyens n’ont pas le temps de réfléchir. Un vote plus simple pourrait signifier des élections et des référendums plus fréquents. Rien que ça pourrait être un grand changement pour la démocratie.

 
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RGPD : Guerre des données en Europe ! Vidéo pédagogique

Vous avez un site internet ? Bienvenue dans le monde merveilleux des données.

Comme vous, j’ai une liste d’adresses emails que je peux contacter. Ce sont des données à caractère personnel (DCP). Et le 25 Mai 2018, je suis tenu de respecter les nouvelles obligations du RGPD.

Explications vidéo en cliquant ici.

Ce mot peu séduisant est une riposte de l’Union Européenne face aux abus des grandes sociétés, c’est la guerre des données !

Et finalement, toutes les entreprises d’Europe, même les auto-entreprises, doivent se conformer au RGPD !

Un documentaire pédagogique de SGAR (très bien conseillé par d’excellents juristes), vivant et interactif est sur le point de sortir. Le RGPD n’aura plus de secret pour vous !

Ce documentaire de 4 épisodes s’est chargé de démystifier le sujet, et gratos, alors foncez !

 

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